Le tourisme à vélo connaît un essor sans précédent en France. Si le vélo de route et les grandes véloroutes et vois vertes séduisent une clientèle française et internationale, le VTT s’impose progressivement comme une alternative stratégique. Entre tourisme durable, diversification économique et valorisation des territoires ruraux, le vélo tout-terrain devient une piste sérieuse pour l’avenir. Surtout avec le changement climatique en cours.

Longtemps associé aux stations de montagne et à l’adrénaline des descentes techniques, le VTT en France change peu à peu de visage et séduit un éventail plus large de pratiquants. Ces derniers recherchent aujourd’hui un équilibre entre effort physique et immersion dans la nature, mais aussi découverte des terroirs et rencontres locales. Cette évolution correspond parfaitement à la tendance du tourisme durable, où l’expérience prime sur la simple performance.

Avec près de 30 % des ventes de vélos en 2024, le marché du VTT progresse plus vite que celui du vélo de route. La démocratisation du VTT à assistance électrique (VTTAE) accentue le phénomène, ouvrant cette pratique à des publics variés, des familles aux seniors qui n’hésitent plus à louer ces vélos, en passant par les voyageurs curieux en quête d’itinérances douces.

Un atout pour les territoires ruraux et les régions

Pour les territoires ruraux, le développement des itinéraires VTT constitue une chance unique de se positionner sur le marché du tourisme à vélo. Contrairement au cyclotourisme sur route, souvent concentré sur les grandes véloroutes, le séjour VTT privilégie plutôt les boucles locales. Résultat, les vététistes restent plus longtemps, consomment sur place et génèrent des retombées économiques directes.

Hôtels, gîtes, campings, restaurants et loueurs de vélos sont les premiers bénéficiaires. Nous avons pu le constater lors de nos tournages cet été. Les retombées indirectes profitent également aux producteurs locaux, aux artisans et aux guides. La force de cette pratique : aller partout pour découvrir un territoire ! Et, c’est tout un écosystème qui peut se structurer autour du développement touristique porté par le VTT.

L’exemple des stations et des collectivités pionnières

Certaines stations de montagne, confrontées à la baisse de l’activité hivernale, l’ont bien compris : le VTT est un levier pour prolonger la saison et maintenir l’emploi. Les fameux bike parks (ensemble d’aménagements, de services et/ou d’équipements dédiés prioritairement ou exclusivement à la pratique du VTT) attirent une clientèle internationale, tandis que des réseaux de sentiers balisés séduisent les familles et les amateurs de mobilité douce.

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De leur côté, plusieurs régions françaises (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, PACA) investissent massivement dans la création de circuits VTT sécurisés, combinant patrimoine, nature et gastronomie. Des événements dédiés, comme les randos VTT festives ou les marathons tout-terrain, deviennent de puissants vecteurs d’attractivité touristique.

Le VTT et le tourisme à vélo en chiffres

  • 30 % : part du VTT dans les ventes de vélos en France en 2024.
  • 1,4 milliard € : retombées annuelles estimées du tourisme à vélo en France.
  • 50 % : progression du marché du VTT électrique en 2024 par rapport à 2022.
  • 3 000 km : de circuits VTT balisés recensés en Auvergne-Rhône-Alpes, région leader.
  • +20 % : hausse de fréquentation des stations de montagne l’été grâce au VTT.
  • 80 % des pratiquants associent leur sortie VTT à une consommation locale (hébergement, restauration, activités).

Alors, le VTT est-il seulement une pratique sportive ou bien une piste de développement touristique à part entière ? Les chiffres, les tendances et les réussites locales montrent que la réponse est claire : investir dans le tourisme VTT, c’est miser sur l’avenir.

Demain, chaque région qui aura su valoriser ses paysages, son patrimoine et ses sentiers grâce au VTT pourra se positionner comme une destination incontournable du tourisme durable en France.

Coup d’com

VTT vs Gravel en plaine : deux approches complémentaires

  • Le VTT reste incontournable dès que le relief devient technique : sentiers forestiers, singletracks, racines, descentes, pierriers. C’est un vélo conçu pour encaisser et rassurer. En plaine, il trouve vite ses limites, car son rendement est faible sur les parties roulantes.
  • Le Gravel, en revanche, s’impose comme le vélo de la polyvalence. Moins lourd, plus roulant, adapté aux chemins agricoles, aux pistes blanches, aux petites routes oubliées. En plaine et dans les territoires de bocage ou de vallons doux, il offre une expérience fluide et esthétique, parfaite pour des séjours de découverte, en itinérance légère.
  • Touristiquement, le Gravel attire une clientèle différente : plus orientée « voyage », « liberté », avec un goût pour l’itinérance douce et les haltes culturelles. Le VTT reste le choix des sportifs, familles ou riders en quête de sensations.
  • Économiquement, les territoires de plaine ont intérêt à miser sur le Gravel :
  • coût moindre en infrastructures (pistes déjà existantes, chemins de halage, voies agricoles),
  • mise en valeur du patrimoine rural,
  • offre complémentaire au VTT, qui peut rester l’outil des parcs et forêts.

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