CONSOMMATION

Sans être alarmiste, force est de constater que la marché du cycle accuse un sérieux coup de pompe.

Face à une conjoncture compliquée dû en partie à la géopolitique mondiale mais aussi à un retour à la normale post confinement, la filière vélo traverse une zone de turbulence qui inquiète les professionnels du secteur.

Après une année 2023 accusant déjà les prémices d’une récession des ventes, les professionnels interrogés en ce début d’année 2024 tentaient de se rassurer tant bien que mal sur une situation où les stocks peinent à s’écouler ces derniers mois et ce, malgré les soldes attractives consenties par les marques. Des ventes en berne qui affectent le secteur des accessoires et des équipements également en net recul. En guise d’exemple, Shimano enregistre en 2023 une baisse non négligeable de 18% de son chiffre d’affaire par rapport en 2022.



Et en première ligne, les vélos à assistance électrique. Entre les modèles trop nombreux et les faillites, le secteur a été sérieusement bousculé ces derniers mois. Plusieurs facteurs expliquent l’écoulement difficile des stocks : l’inflation, la crise énergétique, les prix à la hausse et bien sûr, la baisse sensible du pouvoir d’achat. Pour certains professionnels interrogés, « ce sont surtout les gammes qui étaient autrefois à 2000 € et qui sont désormais à 3500 ou 4000 € qui posent problème […] Et quant aux aides de l’État et des communes elles jouent bien leur rôle de cache-misère.» Fin de citation.

Autre phénomène pertubateur, l’offre grandissante des services de location de VAE ou de vélo partagé. S’ils ont l’avantage de mettre le pied à la pédale pour de nombreux usagers, ils freinent incontestablement l’achat en magasin. Pour le grand public, « quand on loue, aucun entretien à sa charge et de service après-vente souvent défaillant ! » Des économies prises en compte par les utilisateurs, soucieux de leur dépenses. 

Le marché de l’occasion grignote des parts de marché boosté par le bonus vélo

Et quand on parle d’économie, on ne peut pas occulter le marché de l’occasion. Une tendance impactante qui séduit de plus en plus de Français adepte du «système D» par conviction ou par nécessité de la seconde main. A tel point que des enseignes proposent à leur tour la vente et le rachat de vélos d’occasion. Quand aux sites de revente en ligne comme Troc vélo, ils enregistrent une hausse des ventes qui ferait pâlir bon nombre de revendeurs. Avec plus de 250 000 annonces publiées chaque année, Troc vélo confirme bel et bien sa position de leader spécialisé sur le marché du vélo et des accessoires d’occasion.

Un marché prometteur qui n’a pas échappé à Upway qui, en 2021, a eu l’idée de créer une marketplace unique en France. Le but : rendre accessible au plus grand nombre la possibilité d’acquérir un vélo à assistance électrique de seconde main, reconditionné en France et avec une garantie d’un an. Enfin, il est difficile de mesurer réellement combien de vélos d’occasion sont vendus chaque année entre particuliers. Une chose est sûre, cette filière est bien plus importante que celle du réseaux des détaillants et qui représenterait déjà quelque 25% du marché connu.

On attend donc les chiffres pour l’année 2023 de l’Observatoire du Cycle* proposés par l’Union Sport & Cycle. Rappelons simplement qu’en 2022, le marché continuait sa croissance et enregistrait une augmentation de 5,2% par rapport à l’année précédente .

Mais restons optimiste. Si le marché français du cycle continue tant bien que mal sa croissance, un contexte favorable à l’expansion de la pratique du vélo semble se créer grâce notamment à certains départements, à l’instar de la Manche, qui réfléchissent à réserver une partie du réseau routier aux modes actifs et aux riverains. Des initiatives certes parfois décriées à suivre et à encourager.

*source : observatoire du Cycle 2022


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