Avec Irigo Vélo, Angers Loire Métropole ne se contente pas d’ajouter des pistes à son plan vélo : elle change de braquet. Derrière les tracés corail et les panneaux flambant neufs, c’est une vision de la ville qui s’esquisse plus fluide, plus verte, et surtout plus cyclable.
Christophe Béchu, maire d’Angers, ancien Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires de France a enfourché symboliquement le projet Irigo Vélo, la nouvelle bannière dédiée au vélo dans l’agglomération angevine. Le premier tronçon du réseau Irigo Vélo a été inauguré entre Angers et Saint-Barthélemy-d’Anjou.
Pas un simple trait de peinture au sol, mais un itinéraire balisé, pensé comme un véritable axe de circulation, avec totems, marquage dédié et panneaux indiquant distances, temps de parcours et connexions transports.
On n’avait pas vu un tel effort de lisibilité et de cohérence depuis longtemps. Le vélo cesse enfin d’être une option bricolée dans l’ombre de la voiture. Il devient un mode structurant, lisible, et osons le mot, désirable.
Une métropole à la carte… cyclable
Derrière la couleur corail, c’est toute une philosophie qui s’affiche : celle d’une mobilité choisie, pas subie. L’application Irigo, enrichie d’un calculateur d’itinéraires à vélo, complète l’offre : trajet le plus direct ou le plus sûr ? L’utilisateur choisit selon son profil, son humeur, sa météo.
C’est intelligent, moderne, et surtout inclusif. On pense enfin au cycliste du quotidien, pas uniquement au baroudeur aguerri. Le vélo n’est plus réservé aux beaux jours ou aux convaincus. Il devient une alternative crédible, accessible, et encadrée.
Un plan à 160 km : ambition ou révolution ?
D’ici 2030, 160 km de voies sécurisées structureront l’agglomération. Avec un budget doublé (7 millions d’euros par an en 2025 et 2026), Angers affirme haut et fort que le vélo mérite mieux que des miettes d’infrastructures. Loin des effets d’annonce, ce plan s’appuie sur des voies en site propre à 90 %, une rareté dans les politiques locales.
Et surtout, il parle un langage que tout le monde comprend : celui des lignes numérotées, comme pour le bus. Le cycliste n’est plus un marginal, il entre enfin dans le réseau.
Avec Irigo Vélo, Angers ne suit pas la tendance, elle la devance. En posant les bases d’un réseau pensé pour les usagers, en connectant la mobilité douce à une vision urbaine lisible, la métropole donne une leçon de clarté. Christophe Béchu, maire d’Angers
Le vrai changement, il est là : faire du vélo un outil de transformation urbaine. Non pas un gadget écolo ou une vitrine politique, mais un levier pour repenser les distances, les rythmes, les usages. Christophe Béchu le dit sans détour : “L’objectif est clair : inciter à se passer de sa voiture.” C’est audacieux. Et ça tranche avec l’ambiguïté molle d’autres territoires qui parlent vélo tout en élargissant des rocades.
Deux premières lignes seront opérationnelles dès 2025 :
- GO 1 : Angers – Saint-Barthélemy-d’Anjou (signalétique complète dès juin)
- GO 2 : Angers – Écouflant (fin d’année)
Quatre suivront en 2026 : Beaucouzé, Saint-Léger-de-Linières, Sainte-Gemmes-sur-Loire et Longuenée-en-Anjou. Puis cinq autres d’ici 2030, desservant l’ensemble du territoire métropolitain jusqu’à Loire-Authion.
Pour faire rouler ce plan vélo XXL, Angers Loire Métropole double son budget : 7 millions d’euros en 2025, idem en 2026.
