Imaginez-vous, le soleil levant sur la Nièvre, la brise fraîche du matin, et votre vélo prêt à avaler les kilomètres. Bienvenue sur la Route des grands lacs du Morvan : 265 km d’aventure, de baignades, et de paysages à couper le souffle, le tout sur des petites routes quasi désertes, où la Bourgogne se dévoile dans toute sa splendeur.
On enfourche son vélo un matin blafard, quelque part entre Saulieu et les grands bois. Le ciel hésite, les rayons grincent, la béquille se coince — et déjà, ça sent l’aventure. Pas celle avec chrono et lycra fluo non, celle avec le sandwich qui gondole dans la sacoche, les chaussettes qui prennent l’eau et le vieux monsieur qui vous double en motobécane en vous saluant comme un pape. Oui, en motobécace, engin d’un autre temps…
La route, elle, s’en fout. Elle serpente. Elle ondule, elle grimpe, elle dégringole. Elle joue avec vous comme un chat avec une pelote. Dans le Morvan, même les lignes droites sont distraites.
Pause pique-nique ou plongeon sauvage ?
Autour, les grands lacs. Celui des Settons, immense miroir pour nuages pressés. Celui de Chaumeçon, perdu dans sa dentelle de forêts. Et Pannecière, le géant tranquille, avec ses digues, ses oiseaux et ses pêcheurs endormis. À chaque plan d’eau, un banc. À chaque banc, une plage. Et toujours cette lumière de Bourgogne, moelleuse comme une tranche de pain aux noix. Magique.
Dans les villages, on entre comme dans une scène de Jour de fête. Ça sent le pastis à onze heures, la bécane posée contre la grille, et la dame à tablier qui vous propose de remplir la gourde, sans rien demander. On entend un chien, un clocher, une mouche. Et parfois, une radio grésille dans un bistrot vide où l’on vous sert un kir comme un trésor. Arrêtez-vous à Lormes, Château-Chinon (Calvaire), ou au Rocher de la Pérouse pour admirer le Morvan depuis les hauteurs et profiter de l’ambiance authentique des villages qui ont tant à raconter. Des histoires, des légendes…
Du vélo pour les mollets… et pour l’imaginaire
Les montées sont longues, mais jamais méchantes. Elles prennent leur temps, comme le facteur local qui continue de faire ses tournées sur son vélo parfois assisté. On les gravit en jouant des pignons, avec des respirations de joueur d’harmonica. Et au sommet, souvent, une surprise : un panorama, une croix de granit, ou une chèvre qui a pris l’habitude de juger vos mollets.
On bivouaque, on rêve, on goûte. On laisse la vitesse aux autres. Ici, le vélo n’est pas un sport, c’est une façon d’habiter le silence à votre présence. Et ce silence, il vous attrape. Il vous suit. Il s’invite dans la façon dont vous tournez les pédales, dans les nuits d’auberge, dans les petits matins humides.
Au bout de 265 kilomètres, vous êtes devenu un vrai personnage. Pas un héros, non, un personnage de la route. Vous avez la marque de la selle sur le cuissot, le sourire dans les yeux, et la carte du Morvan tatouée dans le cœur. Et c’est là le plus important. Le Morvan a flirté avec vous et vous êtes tombé amoureux au fil des kilomètres.
Et quand vous rentrerez, on vous dira : « Alors, ce tour à vélo ? » Vous hausserez les épaules, un peu penaud. Parce qu’en vérité, ça ne se raconte pas le Morvan. Ça se pédale tout simplement.
Carnet de route
Jour 1 : Autun → Lac des Settons (45 km)
Départ d’Autun, ville d’art et d’histoire. L’échappée commence entre pavés gallo-romains et premières pentes boisées. Arrivée au lac des Settons, parfait pour planter la tente ou piquer une tête.
🗺️ Dénivelé : +500 m – Nuit : camping ou auberge
Jour 2 : Settons → Chaumeçon (40 km)
Route forestière, hameaux de carte postale, saluts de vaches. Passage par Moux-en-Morvan puis arrivée au discret lac de Chaumeçon. Un écrin de silence.
🗺️ Dénivelé : +450 m – Nuit : gîte ou bivouac
Dans le Morvan, on parle peu, mais bien. Le cycliste y est accueilli avec bienveillance. Bistrots, boulangeries, marchés de producteurs jalonnent la route, comme autant de haltes humaines.
Jour 3 : Chaumeçon → Saint-Agnan (50 km)
Traversée de forêts domaniales, pause à Quarré-les-Tombes, puis plongée vers le lac de Saint-Agnan. Moins connu, mais d’un charme rare.
🗺️ Dénivelé : +600 m – Nuit : camping nature ou chambre d’hôtes
Les lacs du Morvan ne sont pas que beaux : ils sont vivants. On y croise kayakistes, pêcheurs, hérons.
Certaines plages sont aménagées, d’autres, plus secrètes, idéales pour une sieste entre deux côtes.
Jour 4 : Saint-Agnan → Pannecière (55 km)
Une longue journée, mais fluide. Arrivée majestueuse au lac de Pannecière, le plus vaste. Ambiance canadienne. On y campe, on y contemple.
🗺️ Dénivelé : +550 m – Nuit : en pleine nature ou gîte rural
Ne partez pas sans goûter les spécialités locales : charcuteries fumées, fromages de chèvre, pain paysan…Et pourquoi pas un petit vin du Vézelien ?
Jour 5 : Pannecière → Château-Chinon (35 km)
Plus courte, mais sportive. La montée vers Château-Chinon mérite quelques pauses photo.
Ambiance rétro, musées à visiter, coucher de soleil sur les toits.
🗺️ Dénivelé : +700 m – Nuit : hôtel ou chambre d’hôtes
Jour 6 : Château-Chinon → Bibracte → Autun (40 km)
Dernière ligne droite… ou presque. On grimpe au Mont Beuvray, site mythique de Bibracte, avant de redescendre vers Autun. La boucle est bouclée.
🗺️ Dénivelé : +500 m
🔧 Infos pratiques
- Type de vélo : Gravel, VTC ou vélo de rando
- Hébergements : camping, gîtes, hôtels – réservation recommandée
- Balisage : partiel – GPS conseillé
- Saison idéale : mai à octobre
- Téléchargement GPX : bientôt disponible
- Plus d’information : www.nievre-tourisme.com
