Dix ans déjà que cette véloroute file entre Paris et la mer, déroulant ses 510 kilomètres d’asphalte aux amateurs de la petite reine. En 2023, près de 700 000 cyclotouristes ont déjà roulé dans les deux sens en Normandie sur ce ruban où peut se cacher mille pépites à découvrir au fil des kilomètres. Par Elodie Studon / France Secrète à Vélo
Pour célébrer cette décennie de succès, 22 collectivités partenaires de Normandie et d’Île-de-France se sont donné rendez-vous au musée des impressionnismes de Giverny pour fêter comme il se doit cet anniversaire.
Thomas Elexhauser, le capitaine de la Seine à vélo et président d’Eurêka, ne cache pas sa fierté : « C’est une réussite absolue ! » a-t-il déclaré, l’œil pétillant. Son rêve ? Rivaliser avec la Loire à vélo et ses 1,8 million de cyclotouristes pour devenir un pilier du tourisme à deux roues. Mais la route est encore longue. Il le sait.
Giverny – Les Andelys, la prochaine escapade
Aujourd’hui, 37 % du parcours est en piste cyclable, mais l’ambition clairement affiché est d’atteindre les 50 % dans les prochaines années. « Bientôt, on pourra relier Giverny aux Andelys sur près de trente kilomètres de piste dédiée, un atout énorme pour les voyageurs » s’enthousiasme encore Elexhauser.

Certes, les aménagements prennent du temps, surtout avec les défis topographiques et les réticences locales où certains riverains n’apprécient guère de voir leur panorama traversé par des cyclistes. Mais l’élan est donné. Pour Benjamin Delmonte, responsable du pôle vélo au Département de l’Eure, la sécurité reste la priorité : « Mieux on aménage, plus on attire de cyclistes. »
L’essor de l’électrique et les besoins des cyclotouristes
Autre constat : les vélos à assistance électrique ont la cote. Pour preuve, un cycliste sur trois en est équipé. Et les attentes évoluent. Selon une enquête du comité régional du tourisme de Normandie, les cyclorandonneurs réclament plus de bornes de recharge, des aires de repos, des points d’eau et pourquoi pas des services de transport de bagages.
Des demandes hélas récurrentes sur bon nombre de parcours en France. Romane Chaussye, chargée de l’étude, le confirme : « Plus de points de recharge, et plus régulièrement. »
Les points forts ? Les paysages époustouflants en tête, mais aussi la facilité d’accès aux sites touristiques et la découverte des villes pour se restaurer ou faire quelques emplettes. Et les retombées économiques suivent. En effet, les cyclotouristes dépensent en moyenne 87 euros par jour, contre 55 euros pour les voyageurs motorisés.
Et cerise sur le gâteau d’anniversaire, la Seine à vélo s’offre une carte Michelin dédiée. Une première ! Elle sera bientôt disponible dans les offices de tourisme pour accompagner les pédaleurs en quête d’escapades impressionnistes.
