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Le monde du vélo en général et du VAE en particulier doit faire face à une baisse de ses ventes.

Le vélo à assistance électrique entre-il dans une zone de fortes turbulences ? Une question qui met en exergue ce constat : le marché global du vélo aborde une phase de récession incarnée par Shimano, marque emblématique de la filière qui enregistre une chute de ses ventes d’un quart sur les neuf premiers mois de l’année 2023 et où le VAE n’échappe pas à ce trou d’air.

Ce n’est pas une découverte ! Quand une tendance devient un phénomène et que ce phénomène, amplifié par une communication exacerbée sur les réseaux sociaux et les médias séduisant le consommateur au point d’ouvrir la boîte de Pandore, le schéma reste le même : de nombreuses entreprises et stars-up surfent sur la vague avec des idées connectées plus ou moins novatrices.

Résultat : Entre 2020 et jusqu’à la moitié de 2022, les ventes de vélos qu’ils soient musculaire ou à assistance électrique, accessoires et pièces ont littéralement explosé. Au point que les professionnels – fabricants, distributeurs, revendeurs – n’ont pu répondre à la demande. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Les ventes de vélos « milieu gamme » ralentissent, alors que des stocks considérables sur les modèles dits « d’entrée de gamme » s’amoncellent, n’épargnant pas des marques emblématiques qui n’hésitent pas à casser littéralement les prix pour écouler les stocks devenus trop importants.

L’offre est passée à la vitesse supérieure sans réelle analyse du marché avec des augmentations des capacités de production et la création de start-up aujourd’hui suivie malheureusement de faillites.

Patrick Guinard / administrateur de l’organisation professionnelle Union Sport & Cycle

ÉVITER LA SURENCHÈRE MARKETING

Force est donc de constater que souvent le marketing est l’arbre qui cache la forêt. En effet, si on prend le temps et qu’on se penche sur la qualité du produit ou sur sa conception – géométrie, choix des composants, placement tarifaire, expertise de la marque en contrôle qualité, ou encore service après-vente – on constate finalement que le marché est inondé de modèles peu fiables dans le durée. Et c’est d’autant plus vrai pour le vélo à assistance électrique. Cette niche n’est pas épargné par une inflation galopante, ralentissant ainsi la courbe de progression des ventes.

Lors de notre micro-trottoir réalisé à Nantes et ayant pour thème « si vous deviez acheter un VAE pour une pratique urbaine, que regarderiez-vous en priorité pour effectuer votre achat ? », quatre remarques récurrentes ont été mises en avant par les personnes interrogées : La première sur le prix, variant du simple au double voire du triple ; la seconde sur la profusion de modèles peu différenciés créant un flou dans le choix ; la troisième sur la fiabilité et le confort et enfin la quatrième sur le service après-vente bien trop coûteux selon nos sondés.

Et de s’interroger sur le pourquoi d’aller toujours plus loin dans le développement des innovations technologiques alors que la demande principale du plus grand nombre d’utilisateurs « est d’avoir tout simplement un vélo à assistance électrique adapté à sa pratique ». En clair, qu’il soit simple d’utilisation, qu’il offre une autonomie performante et un niveau d’assistance fiable pour une meilleure gestion dans la flexibilité des déplacements.

QUEL AVENIR POUR LE VAE ?

Mais soyons tout de même positif ! Si le début de l’année 2023 affichait des marqueurs plutôt négatifs, les études prouvent cependant que le marché du vélo en général et du VAE en particulier est sain, avec une dynamique due à la transition vers une mobilité douce beaucoup plus durable.

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Et dans le contexte actuel de multiples crises et amorces de transitions ( énergétique, environnementale, mais aussi économique et sociale ) le vélo à assistance électrique apparaît selon une enquête de la FUB « comme un moyen de déplacement crédible et à privilégier durant les années à venir ».

Des transitions qu’il faut absolument accompagnées en se tournant en priorité vers les fabricants de marque française et ce, pour mettre en avant des modèles estampillés « made in France », mais aussi parce que les VAE français ont un bon rapport qualité / prix, bien plus fiables que les produits asiatiques et moins chers que les produits allemands ou néerlandais.

A condition que ces mêmes fabricants tout en étant avant-gardiste, fassent preuve de plus de transparence notamment en terme d’informations pour à court et moyen terme regagner la confiance des utilisateurs. Acquérir un VAE n’est pas un acte d’achat anodin et un cycliste bien conseillé est un cycliste fidèle.

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