ÉCONOMIE

Le vélo cargo était pratiquement méconnu sur le marché français il y a encore 5 ans et depuis 2022, il s’en est vendu près de 33 000.

De plus en plus demandés sur le marché français, les vélos cargo participent incontestablement à l’économie faisant émerger de nouveaux métiers et où le nombre d’emplois directement générés par la filière ne cessent de progresser.

Au début du XXe siècle, les vélos-cargo étaient légion au coeur des grandes villes françaises. Ils ont ensuite pratiquement disparu de la circulation, avant de faire leur retour ces cinq dernières années dans des versions électrifiées et beaucoup plus robustes. C’est indéniable au regard des chiffres démontrant qu’entre 2018 et 2023 la filière a généré de 4 100 000 € à 47 300 000 € de chiffre d’affaires soit 10 fois plus en 5 ans.

Avec la difficulté croissante de circuler dans les centres-villes et la prise de conscience environnementale, le vélo-cargo à assistance électrique investit petit à petit le coeur urbain et devient une solution de plus en plus plébiscitée comme mode de transport alternatif.

Que se soit pour les particuliers ou les professionnels. Il faut savoir qu’en France et ce, depuis l’arrivée des vélos à assistance électriques, le marché a connu une croissance de près de 26% en 2019 et représente aujourd’hui plus de 16% des ventes de vélos. Rallongé à l’avant ou à l’arrière, cet étrange cycle permet aux parents de laisser la voiture au garage et de transporter leurs enfants avec cartables et sacs à provisions, aux artisans de transporter leurs outils, aux livreurs de distribuer leurs colis.

A la clé, plusieurs enjeux pour renforcer l’industrie locale

Face à la demande exponentielle de l’industrie française du vélo-cargo à assistance électrique, plusieurs enjeux se dévoilent au fil des années, ne serais-ce que pour encourager son développement et renforcer l’industrie locale. A commencer par la production de cadres où l’entreprise française Cyclezee est spécialisée dans la production de cadres en aluminium pour vélos cargo à assistance électriques et de composants spécifiques à forte valeur ajoutée, comme par exemple, les batteries et les moyeux à vitesses intégrées.

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Alors, pourquoi ne pas réfléchir à une mise en place d’un label « Made in France » pour les vélos cargo, histoire d’inciter les consommateurs à se tourner vers cette production fabriquée dans l’hexagone et ainsi, de valoriser les entreprises qui s’engagent dans le développement de l’industrie locale ? Le projet est à l’étude, sachant qu’il existe déjà une carte de France de la filière française du vélo cargo.

Des poids lourds de l’automobile investissent le marché

L’industrie automobile, face aux enjeux climatiques et environnementales, vient apporter son savoir-faire sur ce secteur bien particulier que représente le vélo cargo. C’est le cas de Toyota France qui, dans la continuité de ses efforts en faveur de la mobilité douce et durable, s’associe à Douze Cycles, le spécialiste français des vélos-cargo modulaires et configurables depuis 2012.

Acteur devenu aujourd’hui incontournable du secteur, Douze Cycles conçoit et assemble vélos et accessoires en Bourgogne. L’entreprise, composée d’une trentaine de collaborateurs, est répartis sur trois sites.

Ce partenariat s’inscrit en droite ligne dans la transformation de Toyota pour devenir la première entreprise de mobilité au monde. Cela passe par l’électrification des motorisations pour arriver au zéro émission, mais aussi par les micro-mobilités dont le vélo fait partie.

La filière cyclo-logistique doit faire face à la pénurie de foncier… mais pas que !

Une nouvelle réglementation a vu le jour : la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE-m) dans tous les grands centres urbains de plus de 150 000 habitants. Si la prise de conscience environnementale et la transition vers des modes de transport plus durables deviennent une priorité pour de nombreuses villes et administrations, il existe pourtant des freins. Ces derniers mettent à mal cette volonté de décarboner les centres-villes.

C’est la cas par exemple à Angers ou encore à Nantes où se faire une place dans le tissu économique n’est pas de tout repos. Entre bail précaire, loyer hors de prix, locaux excentrés, problèmes de voisinage et volonté déficiente des responsables institutionnels et des élus, compliquent l’installation des entreprises du secteur. Une niche économique pourtant non négligeable qui crée des emplois. « A la différence des transporteurs qui subissent une pénurie de conducteurs, nous recrutons assez facilement nos livreurs à vélo », tient à souligner Hélène Grellier, la gérante de K’liveo, TPE installée à Angers et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 807.000 euros en 2022. Et, elle n’est pas la seule à se plaindre de cette situation.

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Pour évoquer l’ensemble des problèmes rencontrés par les sociétés, Make A Move a organisé à l’Hôtel de Ville de Paris le 23 juin dernier, les 2e Rencontres Villes et Entreprises durables consacrées à la logistique et aux flottes d’entreprise. Pour Francisco Luciano, membre du Shift Project et créateur du groupe Cycle Logistics sur LinkedIn « les pouvoirs publics ont en effet leur rôle à jouer pour les infrastructures, que se soit les pistes cyclables ou encore des places de livraison notamment et la création de hubs, espaces de distribution urbains ». Affaire à suivre.

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